Intrum recouvrement figure parmi les courriers qui inquiètent le plus les consommateurs français, souvent à tort par méconnaissance des règles. Filiale du groupe suédois Intrum AB, Intrum France (anciennement Intrum Justitia) intervient exclusivement en recouvrement amiable, une étape encadrée par la loi qui ne permet ni saisie ni contrainte directe sur votre compte. Avant de payer ou de paniquer face à une relance, mieux vaut connaître ses droits : vérification de la créance, encadrement des frais, délais de prescription. Si vous envisagez par ailleurs de réorganiser vos comptes après un impayé, ces ressources peuvent aider à mieux gérer votre budget au quotidien : fonctionnement du découvert autorisé, ouvrir un compte néobanque en 2026, comparatif des meilleures néobanques, ou encore désolidarisation d’un compte joint en cas de dette liée à un compte commun.
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ToggleQui est Intrum et que fait réellement une société de recouvrement amiable ?
Intrum est un acteur européen du recouvrement de créances, filiale du groupe suédois Intrum AB et présent en France sous l’entité Intrum France (anciennement connue sous le nom Intrum Justitia). Le groupe agit comme mandataire de créanciers (banques, opérateurs télécom, organismes de crédit, entreprises) pour tenter de récupérer des sommes impayées, sans être lui-même le créancier d’origine dans la majorité des dossiers. Cette activité de mandataire explique pourquoi le nom qui apparaît sur le courrier n’est pas toujours celui avec lequel vous avez initialement contracté : Intrum agit « pour le compte de » un créancier tiers, ce qui doit être précisé dans la lettre reçue.
Il est important de distinguer deux phases bien différentes : le recouvrement amiable, qui consiste à solliciter un paiement volontaire par courrier, appel téléphonique ou mise en demeure, et le recouvrement judiciaire, qui nécessite la saisine d’un tribunal et l’obtention d’un titre exécutoire. Sans ce titre, une société de recouvrement amiable comme Intrum ne peut engager aucune mesure de contrainte : pas de saisie bancaire, pas de saisie sur salaire, pas d’intervention d’un commissaire de justice. Comprendre cette limite est essentiel pour évaluer sereinement la portée réelle d’un courrier de relance.
Cadre réglementaire : les personnes exerçant une activité de recouvrement amiable sont soumises aux articles R124-1 à R124-7 du Code des procédures civiles d’exécution, qui imposent notamment un formalisme précis pour la lettre de mise en demeure adressée au débiteur (identité du créancier, fondement et détail de la créance).
Recouvrement amiable ou judiciaire : ce que cela change concrètement
La confusion entre les deux procédures explique une grande partie du stress lié à un courrier Intrum. En phase amiable, l’entreprise de recouvrement cherche uniquement à obtenir un paiement volontaire ou un accord d’échéancier. Aucune décision de justice n’a été rendue, et le débiteur conserve l’intégralité de ses droits : il peut contester, demander des précisions, ou ne pas donner suite immédiatement sans risquer une saisie. Le passage au judiciaire suppose que le créancier (ou son mandataire) saisisse un tribunal, obtienne une injonction de payer ou un jugement, puis fasse intervenir un commissaire de justice pour l’exécution. Cette distinction est centrale pour évaluer sereinement le courrier reçu et éviter de céder à une pression qui n’a, à ce stade, aucune base légale contraignante.
- Recouvrement amiable : lettres, appels, propositions d’échéancier, aucune contrainte légale directe sur les biens ou revenus du débiteur.
- Recouvrement judiciaire : décision de justice obligatoire (injonction de payer, jugement) avant toute mesure d’exécution forcée, saisie ou opposition à tiers détenteur.
Les frais de recouvrement amiable : ce que dit la loi
Un point suscite régulièrement des questions : Intrum ou une autre société de recouvrement peut-elle ajouter des frais de dossier à la dette d’origine ? La règle posée par l’article L111-8 du Code des procédures civiles d’exécution est claire : en l’absence de titre exécutoire, les frais de la démarche de recouvrement amiable restent à la charge du créancier, sauf disposition légale contraire. Réclamer ces frais à un consommateur constitue une pratique commerciale sanctionnée pénalement depuis la loi Hamon du 17 mars 2014, qui a introduit cette interdiction pour protéger les particuliers face aux sociétés de recouvrement. Des exceptions existent : certains frais prévus par un texte spécifique, ou une décision du juge de l’exécution autorisant le créancier à mettre à la charge d’un débiteur de mauvaise foi les frais qu’il a dû engager pour recouvrer sa créance. En dehors de ces cas précis, tout frais additionnel réclamé directement par la société de recouvrement à un particulier doit alerter et peut être contesté.
Chiffre clé : selon l’article L218-2 du Code de la consommation, l’action d’un professionnel contre un consommateur pour un bien ou un service se prescrit par 2 ans à compter de l’exigibilité de la somme, contre 5 ans pour la prescription civile de droit commun.
Comment vérifier la légitimité d’une créance réclamée par Intrum
Avant tout paiement, il est recommandé de s’assurer que la créance est réelle, exacte et non prescrite. La lettre de mise en demeure doit, en application de l’article R124-4 du Code des procédures civiles d’exécution, mentionner l’identité et l’adresse du créancier d’origine, le fondement de la dette (contrat, facture, abonnement) et le détail des sommes dues en distinguant principal, intérêts et accessoires. Rapprocher ces informations de ses propres documents (contrats, factures, relevés bancaires) permet souvent de lever un doute sur la réalité de la somme réclamée. En cas d’incohérence, de créance visiblement prescrite, ou d’absence d’informations obligatoires dans le courrier, il est possible de solliciter des précisions par écrit auprès de la société de recouvrement ou directement du créancier d’origine avant de régler quoi que ce soit. Un doute légitime ne doit jamais conduire à un paiement précipité.
Méthode : à réception d’un courrier Intrum, vérifiez d’abord l’identité du créancier d’origine, comparez le montant réclamé à vos propres justificatifs, contrôlez si le délai de prescription applicable est écoulé, puis répondez par écrit (idéalement en recommandé) en cas de doute ou de désaccord avant tout versement.
Que faire concrètement en cas de relance
Ignorer purement et simplement un courrier n’est pas toujours la meilleure option, même en cas de doute : une réponse écrite et argumentée permet de matérialiser une contestation et de conserver une trace utile en cas de litige ultérieur. Si la dette est reconnue comme fondée mais que le paiement immédiat pose difficulté, un dialogue avec le créancier ou son mandataire (dont Intrum) pour obtenir un échelonnement reste possible et souvent recommandé plutôt que le silence. En cas de situation financière durablement dégradée, le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France peut être envisagé ; il entraîne en principe la suspension des actions de recouvrement pendant l’instruction du dossier. Un point de vigilance supplémentaire : gérer plusieurs comptes ou un compte joint pendant une période de tension financière peut compliquer le suivi des relances, d’où l’intérêt de bien vérifier le délai de traitement des virements bancaires ou d’envisager, le cas échéant, une ouverture de compte joint mieux adaptée à la situation du foyer. Ces démarches relèvent d’une appréciation au cas par cas et ne remplacent pas un avis juridique adapté à votre situation personnelle.
À éviter : payer précipitamment sans vérifier le fondement de la créance, communiquer ses coordonnées bancaires par téléphone sans confirmation écrite préalable, ou au contraire ignorer totalement un courrier légitime au risque de voir la situation évoluer vers une phase judiciaire.
Recouvrement amiable : comparatif des situations selon l’ancienneté de la dette
| Situation | Statut de la créance | Action recommandée |
|---|---|---|
| Dette de moins de 2 ans, fondée | Non prescrite | Vérifier le montant, négocier un échéancier si besoin |
| Dette de plus de 2 ans (créance de consommation) | Potentiellement prescrite (art. L218-2) | Vérifier la date d’exigibilité et les actes interruptifs éventuels |
| Montant réclamé incluant des frais de dossier | Frais en principe à la charge du créancier (art. L111-8) | Contester par écrit les frais indus |
| Créance contestée sur le fond | Litige à trancher | Répondre par écrit, demander justificatifs, envisager conciliation |
FAQ Intrum recouvrement amiable
Intrum peut-il saisir mon compte bancaire ou mon salaire ?
Intrum peut-il me réclamer des frais de recouvrement en plus de la dette ?
Comment vérifier que la créance réclamée par Intrum est légitime ?
Quel est le délai de prescription d’une dette de consommation ?
Que faire en recevant un courrier de relance Intrum ?
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Sources : economie.gouv.fr (DGCCRF, recouvrement amiable de créances), Légifrance (Code des procédures civiles d’exécution, articles L111-8 et R124-1 à R124-7 ; Code de la consommation, article L218-2), Institut national de la consommation (inc-conso.fr). Valeurs relevées en juillet 2026, susceptibles d’évoluer ; article informatif, sans conseil financier ou juridique personnalisé.

